
QuestionRelu par Hugo Berton
Fiscalité de l'artiste-auteur : impôt, TVA et CFE en 2026
Fiscalité de l'artiste-auteur : droits d'auteur en traitements et salaires ou BNC, seuil micro de 83 600 €, TVA à 10 %, franchise jusqu'à 50 000 € et CFE.
Par Hugo Berton · · 4 min de lecture · relu le 14 septembre 2026
En bref
La fiscalité de l'artiste-auteur dépend de qui paie. Les droits d'auteur intégralement déclarés par un éditeur, un producteur ou un organisme de gestion collective sont imposés en traitements et salaires ; les autres revenus artistiques en bénéfices non commerciaux, en micro-BNC jusqu'à 83 600 € de recettes en 2026. Côté TVA, la cession de droits d'auteur est taxée à 10 % et la vente d'une œuvre originale à 5,5 %, avec une franchise sous 50 000 € de chiffre d'affaires artistique. Fiche vérifiée le 20 février 2026.
- 83 600 €recettes annuelles au-delà desquelles le régime de la déclaration contrôlée devient obligatoire pour les bénéfices 2026
- 9,20 %retenue nette de TVA opérée par le diffuseur sur les droits d'auteur, hors Guadeloupe, Martinique et Réunion
La fiscalité de l'artiste-auteur commence par : qui vous paie ?
La fiche Entreprendre Service Public « Artiste-auteur : fiscalité (déclaration de revenus, TVA et CFE) », vérifiée le 20 février 2026 et lue le 14 septembre 2026, résume l'enjeu : « Ces revenus sont déclarés soit en bénéfices non commerciaux (BNC), soit en traitements et salaires (TS). Cette déclaration va déterminer votre régime fiscal. »
Le critère est la source du paiement : « Les droits d'auteur sont imposables dans la catégorie des traitements et salaires lorsqu'ils sont intégralement déclarés par des tiers (ex : éditeurs, producteurs, organismes de gestion collective). » Tout le reste — « Les autres revenus artistiques de l'artiste-auteur (ex : ventes d'œuvres, remise d'un prix, attribution d'une bourse » — passe en BNC. Un choix inverse est possible : « Vous pouvez renoncer au régime des traitements et salaires et déclarer tous vos revenus en BNC. Cette option est valable pour l'année au titre de laquelle elle est exercée ainsi que pour les 2 années suivantes. »
Micro-BNC ou déclaration contrôlée
Le seuil a bougé entre deux années : « Pour les bénéfices générés en 2025, ce seuil est 77 700 €. » et « Pour les bénéfices 2026, il est fixé à 83 600 €. » En dessous, deux régimes au choix. En micro-BNC, « vous ne déclarez que vos recettes brutes (hors TVA) et l'administration fiscale calcule votre revenu imposable en appliquant un abattement » « de 34 % pour frais professionnels. »
Au-dessus, pas d'option : « Au-dessus de 83 600 € HT de recettes par an, vous êtes obligatoirement soumis au régime de la déclaration contrôlée. » Ce régime suppose une comptabilité détaillée des recettes et des dépenses professionnelles.
TVA : trois taux et une exonération
Le taux dépend de l'opération facturée. Les aides publiques ou privées ont un régime à part : « Les aides à la création ou bourses versées par divers organismes publics ou privés sont exonérées de TVA. », sauf si elles rémunèrent en réalité une livraison ou une prestation.
| Opération | Taux indiqué par la fiche |
|---|---|
| vente d'une œuvre originale | « Vente d'une œuvre originale par l'auteur ou ses ayants droits : 5,5 % » |
| cession de droits d'auteur | « Cession de droits d'auteur (droit de représentation, de reproduction, d'adaptation, d'exploitation et d'interprétation) : 10 % » |
| toute autre opération | « Pour toutes les autres opérations : 20 % » |
| aide à la création ou bourse sans contrepartie | exonérée |
Franchise en base : 50 000 € pour l'artistique, 35 000 € pour l'accessoire
Sous 50 000 € de chiffre d'affaires artistique l'année précédente, « Vous bénéficiez d'une franchise en base de TVA sur vos recettes artistiques. » Les factures portent alors la mention « TVA non applicable – article 293 B du CGI ». La sortie peut être immédiate : si le chiffre d'affaires de l'année en cours dépasse le seuil de tolérance « fixé à 55 000 €, vous ne bénéficiez plus de la franchise en base de TVA dès le 1er jour du mois du dépassement. »
Les revenus accessoires — ateliers, cours, rencontres publiques — ont leur propre seuil : « vous bénéficiez de la franchise en base de TVA lorsque votre chiffre d'affaires de l'année précédente (N-1) n'excède pas 35 000 € et s'il ne dépasse pas 38 500 € au titre de l'année en cours. » Opter pour la TVA reste possible sous les seuils, pour récupérer la TVA sur ses achats, mais « L'option couvre obligatoirement une période de 2 ans renouvelable (y compris celle de la demande). »
Pour les formations vendues en ligne, voir aussi notre page sur la TVA des formations en ligne.
Retenue à la source : le diffuseur paie la TVA pour vous
Quand les droits viennent d'un éditeur, d'un producteur ou d'un organisme de gestion collective, « Le diffuseur déclare et acquitte la TVA pour votre compte et opère ensuite une retenue de la TVA acquittée sur les droits d'auteur qu'il vous verse. » Le calcul : TVA à 10 % diminuée d'une déduction forfaitaire de 0,80 %, « soit une retenue nette de 9,20 %. »
Deux limites. Avec un éditeur, « la retenue à la source de la TVA s'applique uniquement à l'égard des droits d'auteur versés dans le cadre d'un contrat d'édition. » Et la renonciation engage : « Cette renonciation s'applique pour une période de 5 ans. »
CFE : exonérés, mais pas tous
Plusieurs catégories échappent à la cotisation foncière des entreprises, dont les « Photographes d'art pour leur activité relevant de la réalisation de prises de vues, la cession de leurs œuvres d'art et la cession de leurs droits patrimoniaux portant sur leurs œuvres photographiques » et les « Auteurs d’œuvres littéraires et dramatiques, musicales et chorégraphiques, ainsi que les coauteurs d’une œuvre audiovisuelle réalisée en collaboration et les auteurs d’une œuvre radiophonique ».
Pour les graphistes, la fiche trace une frontière : « Cela inclut les graphistes à condition que leur activité soit limitée à la création d'œuvres graphiques. » Et une exclusion nette : « En revanche, les auteurs de logiciels ne peuvent pas bénéficier de cette exonération. »
Ce que cette page ne dit pas
Elle ne dit pas si vos revenus publicitaires ou de partenariats sont des revenus artistiques : la fiche ne les mentionne pas. Elle ne traite pas des cotisations sociales, détaillées sur notre page sur l'affiliation et les cotisations de l'artiste-auteur, ni des contrats, voir notre page sur la cession de droits d'auteur. Fiche vérifiée le 20 février 2026, lue le 14 septembre 2026.
Questions fréquentes
Mes droits d'auteur sont-ils imposés en salaires ou en BNC ?
En traitements et salaires s'ils sont intégralement déclarés par des tiers — éditeurs, producteurs, organismes de gestion collective. Les autres revenus artistiques relèvent des BNC, et l'on peut opter pour tout déclarer en BNC pour 3 ans.
Quel est le seuil du micro-BNC pour un artiste-auteur en 2026 ?
83 600 € de recettes pour les bénéfices 2026, contre 77 700 € pour 2025. Au-delà, la déclaration contrôlée est obligatoire.
Quel taux de TVA sur une cession de droits d'auteur ?
10 %. La vente d'une œuvre originale par l'auteur est à 5,5 %, les autres opérations à 20 %.
Jusqu'à quel chiffre d'affaires la franchise en base s'applique-t-elle ?
50 000 € de recettes artistiques l'année précédente, avec un seuil de tolérance de 55 000 € sur l'année en cours ; 35 000 € et 38 500 € pour les revenus accessoires.
Un artiste-auteur paie-t-il la CFE ?
Plusieurs catégories en sont exonérées — photographes d'art, auteurs d'œuvres littéraires, musicales ou audiovisuelles, graphistes limités à la création d'œuvres graphiques — mais pas les auteurs de logiciels.
Sources consultées
- Entreprendre Service Public — Artiste-auteur : fiscalité, déclaration de revenus, TVA et CFE (vérifiée le 20 février 2026)entreprendre.service-public.gouv.fr · consulté le 14 septembre 2026