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Jaquette de la page « Versement libératoire : pour qui ? » : Versement libératoire

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Versement libératoire : pour qui ?

Versement libératoire de l'impôt : conditions de revenu, taux par activité (BIC, BNC) et cas où il coûte plus cher que le barème normal.

Par Hugo Berton · · 7 min de lecture

En bref

Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu profite aux micro-entrepreneurs dont le foyer reste sous le plafond de revenu fiscal de référence (27 478 € pour une personne seule) et de chiffre d'affaires (188 700 € ou 77 700 € selon l'activité). Il remplace l'impôt habituel par un taux fixe de 1 à 2,2 % sur le chiffre d'affaires, avantageux quand le foyer est déjà imposé, pénalisant quand l'impôt sans option serait resté nul.

  • 1,00 %Taux du versement libératoire IR pour la vente de marchandises (BIC)
  • 27 478 €Seuil de RFR par part pour une personne seule (2024)
  • 77 700 €Plafond de chiffre d'affaires pour les prestations de services

Les conditions pour opter au versement libératoire de l'impôt sur le revenu

Tapée dans un moteur de recherche, la requête versement libératoire impôt cache une question précise : ce choix est-il ouvert à votre situation, et vous fait-il gagner de l'argent ? Première réponse : l'option n'est pas automatique. Elle est réservée aux micro-entrepreneurs dont le foyer fiscal respecte un plafond de revenu, et elle s'apprécie séparément pour chaque membre du foyer fiscal, d'après la page d'impôts.gouv.fr consacrée au versement libératoire.

La première condition porte sur le revenu fiscal de référence (RFR) de l'avant-dernière année. Pour une imposition en 2024, il fallait examiner le RFR de 2022, et il devait rester sous un seuil propre à chaque situation familiale, majoré de 50 % par demi-part supplémentaire ou de 25 % par quart de part. Le tableau ci-dessous reprend les exemples publiés par l'administration fiscale pour cette année de référence.

La deuxième condition concerne le chiffre d'affaires de l'année précédente : il ne doit pas dépasser 188 700 € pour la vente de marchandises et la fourniture de logement, ou 77 700 € pour les prestations de services, qu'elles relèvent des BIC ou des BNC. En cas d'activité mixte, le chiffre d'affaires global ne doit pas franchir 188 700 € et la partie services doit rester sous 77 700 €. Troisième condition, plus technique : ce chiffre d'affaires s'entend hors taxe.

Situation du foyerSeuil de RFR (RFR 2022, pour une imposition en 2024)
Personne seule27 478 €
Couple (2 parts)54 956 €
Couple avec 1 enfant (2,5 parts)68 695 €
Couple avec 2 enfants (3 parts)82 434 €
Impôts.gouv.fr, « Le versement libératoire », consulté le 7 octobre 2026.

Le taux du versement libératoire selon votre activité (BIC, BNC, Cipav)

Une fois l'option ouverte, le versement libératoire se calcule chaque mois ou chaque trimestre en appliquant un taux forfaitaire au chiffre d'affaires ou aux recettes hors taxes. Ce taux s'ajoute à celui des cotisations sociales du régime micro-social, ce qui donne un prélèvement global unique sur l'encaissé. Le niveau de ce taux dépend entièrement de la nature de l'activité exercée par le micro-entrepreneur.

Le tableau ci-dessous détaille le taux de versement libératoire de l'impôt sur le revenu, celui des cotisations sociales, et leur total, pour chaque catégorie d'activité recensée par l'administration fiscale. Ces déclarations de chiffre d'affaires se font chaque mois ou chaque trimestre, de façon dématérialisée, sur le site de l'Urssaf des auto-entrepreneurs ou via son application mobile.

Pour les professions libérales non réglementées relevant des BNC, le taux du versement libératoire s'élève à 2,20 %, auquel s'ajoutent 25,60 % de cotisations, soit un total de 27,80 % du chiffre d'affaires encaissé. Les professions libérales réglementées relevant de la Cipav bénéficient d'un taux global légèrement plus bas, à 25,40 %, d'après sa page tarifs consultée le 7 octobre 2026.

ActivitéVersement libératoire (IR)Cotisations socialesTotal
Vente de marchandises, denrées à emporter, fourniture de logement hors meublé (BIC)1,00 %12,30 %13,30 %
Location de meublés d'habitation longue durée, meublés de tourisme classés, chambres d'hôtes (BIC)1,70 %6,00 %7,70 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)1,70 %21,20 %22,90 %
Autres prestations de services et professions libérales non réglementées (BNC)2,20 %25,60 %27,80 %
Professions libérales réglementées relevant de la Cipav2,20 %23,20 %25,40 %
Impôts.gouv.fr, « Le versement libératoire », consulté le 7 octobre 2026.

Versement libératoire ou barème progressif : qui y gagne vraiment

L'administration fiscale rappelle que personne ne peut décider à votre place : il faut comparer les deux régimes pour votre propre foyer, de préférence avec le simulateur disponible sur impots.gouv.fr. Deux exemples publiés par l'administration donnent une idée concrète de ce qui fait basculer le calcul dans un sens ou dans l'autre.

Premier cas : un couple marié avec un enfant (2,5 parts), où l'un des deux conjoints perçoit un salaire de 65 000 € et l'autre un salaire de 12 000 € complété par un chiffre d'affaires de micro-entrepreneur BIC (vente) de 1 620 €. Avec l'option, l'impôt sur le revenu s'élève à 5 705 €, auquel s'ajoute un versement libératoire de 16 € (1 620 € x 1 %), soit 5 721 € au total. Sans l'option, l'impôt seul atteint 5 744 €. Dans ce foyer déjà imposé par ailleurs, opter pour le versement libératoire fait donc économiser de l'argent.

Second cas, inverse : un couple marié avec un enfant (2,5 parts), où l'un des conjoints perçoit un salaire de 12 000 € complété par un chiffre d'affaires BIC (vente) de 11 000 €, et l'autre un salaire de 15 000 €. Avec l'option, l'impôt sur le revenu du foyer reste nul, mais le versement libératoire s'applique quand même, pour 110 € (11 000 € x 1 %). Sans l'option, l'impôt reste nul aussi, sans aucun versement supplémentaire. Pour ce foyer faiblement imposé, l'option coûte donc 110 € sans aucune contrepartie.

Le critère qui tranche n'est donc pas l'activité, mais le niveau d'imposition du foyer avant même de compter le chiffre d'affaires du micro-entrepreneur. Un foyer déjà fortement imposé par un salaire ou une autre activité a intérêt à opter, puisque le taux forfaitaire de 1 à 2,2 % reste presque toujours inférieur à sa tranche marginale. Un foyer peu ou pas imposé, où l'abattement forfaitaire suffit déjà à annuler l'impôt, n'a rien à gagner et peut même payer un versement libératoire pour rien, comme le montre le second exemple.

Comment exercer l'option, et comment en sortir

L'option se déclare soit lors de la formalité de création de la micro-entreprise sur le guichet des formalités des entreprises, soit ensuite auprès de l'Urssaf. Dans ce second cas, elle doit parvenir au plus tard le dernier jour du troisième mois qui suit la création : pour une activité créée en août, par exemple, la date limite tombe au 30 novembre de la même année.

Pour une micro-entreprise déjà en activité, l'option se prend au plus tard le 30 septembre de l'année en cours, pour s'appliquer à partir du 1er janvier de l'année suivante. Elle se dénonce dans les mêmes conditions et avec le même calendrier, en s'adressant à l'Urssaf dont dépend le micro-entrepreneur.

Le dispositif prend fin aussi sans démarche volontaire, dans deux cas : la sortie du régime de la micro-entreprise, par dépassement des plafonds de chiffre d'affaires ou par option pour un régime réel, et le dépassement du seuil de revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année. Dans ce dernier cas, le décalage de deux ans signifie qu'une hausse de revenus cette année ne fait sortir du dispositif que plus tard, une fois ce revenu devenu le RFR de référence.

Versement libératoire et prélèvement à la source : la bascule à ne pas oublier

Le prélèvement à la source concerne en principe tous les revenus, y compris ceux des indépendants, sous forme d'acomptes calculés par l'administration et prélevés chaque mois ou chaque trimestre. Les micro-entrepreneurs qui ont opté pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu échappent cependant à cette règle : pour eux, le versement libératoire remplace l'acompte habituel.

Concrètement, opter pour le versement libératoire implique d'annuler soi-même l'acompte calculé par l'administration au titre de l'activité non salariée. Cette démarche se fait depuis l'espace Finances publiques, dans le service « Gérer mon prélèvement à la source », en supprimant l'acompte lié à l'activité concernée.

Rien n'indique que cette suppression se fasse automatiquement du seul fait de l'option : la page officielle décrit la démarche comme une action à faire soi-même, étape par étape, dans son espace personnel. Un micro-entrepreneur qui oublie cette suppression s'expose donc à payer deux fois pour la même activité, l'acompte du prélèvement à la source et le versement libératoire.

Sans option : l'abattement forfaitaire, l'autre régime par défaut

Le versement libératoire n'est qu'une option : à défaut, le bénéfice imposable du micro-entrepreneur est calculé automatiquement par l'administration l'année suivante, en appliquant un abattement forfaitaire pour frais professionnels au chiffre d'affaires brut, avec un minimum fixé à 305 €, quel que soit le montant réel des charges engagées.

Pour les revenus 2025, cet abattement atteint 71 % pour la vente de marchandises, de denrées à emporter ou la fourniture de logement hors location meublée ; 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales, les locations meublées d'habitation et les locations meublées de tourisme classé ; et 30 % pour les locations meublées de tourisme non classé, hors chambres d'hôtes. Pour les bénéfices non commerciaux, l'abattement est de 34 % quelle que soit l'activité exercée.

Le résultat obtenu après abattement s'ajoute ensuite à l'ensemble des revenus imposables du foyer et suit le barème progressif de l'impôt sur le revenu. C'est ce montant, une fois réintégré dans les autres revenus, qui est comparé à l'impôt dû avec l'option dans les deux exemples officiels présentés plus haut.

Cas particulier : les meublés de tourisme non classés en 2026

Les loueurs de meublés de tourisme non classés sont un cas à part depuis 2026. L'article L. 611-1 du code de la sécurité sociale ne les considère comme des travailleurs indépendants, donc potentiellement micro-entrepreneurs, que si leur chiffre d'affaires dépasse 23 000 €. Or le nouveau plafond du régime micro-social a été fixé à 15 000 €, ce qui les rend inéligibles à ce régime à compter du 1er janvier 2026.

En pratique, ces loueurs se répartissent désormais en deux cas : en dessous de 23 000 € de revenus, ils relèvent des prélèvements sur les revenus du patrimoine ; au-delà, ils basculent vers des cotisations et contributions de sécurité sociale calculées au réel, comme des travailleurs indépendants classiques imposés en bénéfices industriels et commerciaux. Dans les deux cas, le versement libératoire du régime micro-entrepreneur ne s'applique plus à cette activité.

Ce point ne concerne que les locations non classées : les meublés de tourisme classés, les chambres d'hôtes et les locations meublées d'habitation longue durée restent couverts par les taux du versement libératoire présentés plus haut, à 1,70 % pour l'impôt sur le revenu. Si votre activité de location n'est pas classée, vérifiez votre chiffre d'affaires annuel avant de supposer que le régime micro-entrepreneur s'applique encore à vous en 2026.

Questions fréquentes

Le versement libératoire s'applique-t-il à tous les membres de mon foyer fiscal ?

Non. D'après impots.gouv.fr, l'option pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu s'apprécie distinctement pour chaque membre du foyer fiscal exerçant une activité de micro-entrepreneur. Un conjoint peut donc opter pendant que l'autre reste au régime par défaut, chacun comparant sa propre situation.

Si mes revenus augmentent brutalement en cours d'année, suis-je exclu immédiatement du versement libératoire ?

Non, pas pour ce seul motif. La sortie liée au dépassement du seuil de revenu fiscal de référence se fonde sur le RFR de l'avant-dernière année (N-2). Une hausse de revenus cette année ne joue donc sur l'éligibilité que deux ans plus tard. Seul le dépassement du plafond de chiffre d'affaires fait sortir plus vite, en sortant du régime micro-entreprise lui-même.

Dois-je quand même déclarer mon chiffre d'affaires si j'ai opté pour le versement libératoire ?

Oui. Même avec l'option, le chiffre d'affaires ou les recettes de l'année doivent figurer sur la déclaration annuelle de revenus, dans la déclaration complémentaire numéro 2042-C-PRO. Ce montant sert à calculer le taux effectif appliqué aux autres revenus du foyer, le revenu fiscal de référence et le plafond de déduction d'épargne retraite.

Comment savoir si le versement libératoire est plus intéressant que le barème classique pour moi ?

Impots.gouv.fr met à disposition un simulateur de calcul qui compare les deux dispositifs pour votre situation personnelle. C'est l'outil recommandé par l'administration elle-même avant de faire ce choix, plutôt qu'une estimation approximative à partir d'exemples génériques.

Sources consultées

  1. En tant que micro-entrepreneur, ai-je toujours intérêt à opter pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu ? | impots.gouv.fimpots.gouv.fr · consulté le 7 octobre 2026
  2. Le versement libératoire |impots.gouv.frimpots.gouv.fr · consulté le 7 octobre 2026